Petite colère de la journée

Re-bonjour tout le monde,

Après avoir écris seulement deux articles dans ce blog et l’avoir complétement abandonné, j’y ai beaucoup réfléchi en décidant de changer un peu de sujet. Désormais, cela sera un blog d’une étrangère qui habite en France – les Français, êtes-vous prêts à faire face à une vue extérieure sur votre pays ? ;) (il est possible, que des commentaires sur l’UE continueront tout de même à y apparaître).

Petit détail avant de commencer : j’adore la France. Non pas comme des gens qui écoutent des chansons françaises depuis leur enfance (Joe Dassin est bien plus populaire en Russie que vous ne pouvez même l’imaginer), adorent la littérature française et rêvent de venir en France pour monter sur la Tour Eiffel et goûter des fameuses pattes de grenouille (je n’en ai d’ailleurs toujours pas mangé !). Bien évidemment, j’étais un peu obligée de passer par ces étapes, mais je n’ai jamais été francophile dans le sens direct du mot. En revanche, je me sens à l’aise en France, je me sens bien. Je sens que ce pays pourrait être ma deuxième patrie.

Petite intro faite, je passe donc à la colère de ma journée : Front National. Plus concrètement, Marine Le Pen, qui a de nouveau annoncé son intention de “mettre fin à la double nationalité”. Rien de bien choquant de sa part, bien sûr. Ce qui me dégoûte plus, c’est l’enthousiasme avec lequel cette femme insistait, venue une fois donner une conférence dans mon université à Moscou, qu’elle n’était pas contre l’immigration en général, mais que contre “certains immigrés”. “Il y a beaucoup d’étrangers au sein de Front National, des étrangers qui aiment réellement la France”, a-t-elle dit.

Chouette alors. Selon la vision de Mme Le Pen, on a beau aimer la France et même être un membre du FN, on n’aurait pas le droit à un passeport français, condamné à renouveler régulièrement les titres de séjour. Bravo, madame, je ne pensais vraiment pas que je pouvais avoir encore un pire avis de vous.

Euro mythes

Alors, un petit poste à propos des euro mythes. Même si je suis sûre que des mythes et/ou des stereotypes existent dans n’importe quelle profession,  les études politiques en pêchent particulièrement. D’ailleurs, tant qu’on en parle je profite de l’occasion pour vous conseiller un film magnifique Wag the dog qui est un guide complet en tout ce qui concerne la manipulation politique des médias.

Quant aux mythes européens, je dirais qu’il en a deux raisons principales : l’intérêt de certaines forces politiques et l’absence de l’information (ou plutôt l’ignorance, très souvent volontaire, car croyez-moi, l’information sur l’Union Européenne n’est pas du tout compliquée à trouver. Regardez, par exemple, ici.).

La première raison est très maline : très souvent ce sont les États-membres qui créent une fausse perception de l’UE. Cela leur permet de se blanchir, en justifiant les action impopulaires qu’ils ne peuvent pas “vendre” à son électorat par la main invisible européenne. l’Union Européenne devient un bouc émissaire des gouvernements qui ne veulent pas être responsables pour leur propres décisions.

Pourquoi le pense-je ? Parce que l’Union Européenne est composée des Etats. Elle n’est pas une unité tierсe, technocrate et impersonnelle, dont le seul sens d’existence est de faire les pays changer leur traditions si bien-aimés. Je tiens à préciser que même si vous êtes euro-sceptiques ou euro-phobes (vous avez bien le droit !), il faut cesser de penser ou dire que les États n’ont aucun ou que très peu de pouvoir contre la force de l’UE. Cela fausse la réalité. En vérité la grande majorité des actes législatifs européens est adoptée ensemble par le Parlement européen, élu directement par les citoyens, et le Conseil des ministres qui réunit les ministres nationaux. Par comparison avec le système national on peut les considérer, si vous voulez, comme la chambre basse et haute d’un parlement ordinaire. Par conséquent non seulement les représentants nationaux sont consultés, rien ne peut être décidé sans leur approbation. Le seul organ véritablement supranational est la Commission (d’ailleurs il y a aussi des doutes à propos de l’impartialité des commissaires vu qu’ils sont tous ex-fonctionnaires nationaux, mais c’est toute une autre histoire). Pourtant la Commission ne fait qu’avancer une initiative et n’a donc guère pouvoir d’infliger quoi que ce soit. 

Donc si vous entendez “la Commission Européenne a imposé une certaine norme aux États-Membres” ou “l’Union Européenne/l’espace Schengen est la raison d’immigration clandestine” etc., il s’agit soit du mauvais journalisme, soit de l’influence directe des médias par l’Etat. Ah oui, cela peut aussi être un exemple de populisme pratiqué par les partis d’extrême droite ou gauche. Mais cela, j’en parlerai une autre fois – en attendant vous pouvez jeter un coup d’œil sur mon article à ce sujet ici.

Finalement, les mythes qui apparaissent par ignorance sont des drôles. Alors pour rigoler un peu je vous propose de lire cet article de BBC qui avait rassemblé les euro mythes les plus curieuses dans la presse britannique.

Alors, la conclusion un peu moralisatrice : donnez-vous toujours la peine de prendre connaissance des faits avant de croire quelque chose. Ne vous laissez pas manipuler. Et même si vous avez très envie de critiquer quelque chose, choisissez bien vos arguments.

Bonne journée !

The first post

“Переговоры выявляли, готова ли страна-кандидат принять acquis к моменту вступления в ЕС или ей необходим переходный период…Переходные периоды вводились для отдельных стран и отраслей. Так, Чехии разрешили перейти на стандартный для ЕС размер клеток для кур-несушек не сразу (в мае 2004 г.), а спустя четыре с половиной года – к 31 декабря 2009 года.”

“Les negotiations montraient si le pays candidat était prêt à intégrer l’acquis [communautaire] au moment de l’adhésion à l’UE ou s’il avait besoin d’une période transitoire… Des périodes transitoires étaient introduites pour certains pays et dans plusieurs domaines. Par exemple, la République Tchèque a eu la permission d’adopter le standard européen des cages pour les poules pondeuses pas tout de suite (en mai 2004) mais quatre ans et demi plus tard, vers le 31 décembre 2009″.

En repensant au cours d’intégration européenne que j’ai eu pendant ma troisième année, c’est ce paragraphe qui m’est venu tout de suite à l’esprit. D’un coup cela paraît drôle et absurde, d’un autre – c’est ça l’Europe quotidienne qui fait plus pour ses citoyens qu’ils ne peuvent pas l’imaginer. C’est ça l’Europe dont je suis tombée amoureuse il y a bientôt deux ans. C’est ça l’Europe dont je vais parler dans ce blog.

Je ne sais pas trop encore comment ce blog sera structuré. Pour l’instant j’ai juste besoin d’un endroit pour faire de petits commentaires concernant les actualités européennes (et pas que ?..) ou partager des faits drôles ou tristes. Surtout quand j’ai une de ces flemmes pour en faire un vrai article.

Bonne lecture !